Sommaire
00:00 Introduction et fréquence des piqûres en Suisse
01:20 Classification de Müller des réactions allergiques
02:30 Hyménoptères concernés et sensibilisation
03:40 Réactions locales larges vs allergiques
05:10 Statistiques, anaphylaxie et mortalité
06:30 Allergies professionnelles aux venins
08:00 Apiculteurs : un groupe à risque
09:00 Localisation typique des piqûres
09:45 Frelon asiatique et risques allergiques croisés
11:40 Réaction toxique vs réaction allergique
12:20 Risques de réaction systémique après réaction locale
13:40 Facteurs de risque fixes et situationnels
15:20 Kit d’urgence et indications d’adrénaline
17:00 Tests cutanés et limitations
18:30 Tests spécifiques IgE et test d’activation des basophiles
20:00 Mastocytose et tryptasémie héréditaire
22:15 Apithérapie : dangers et distinction avec désensibilisation
23:30 Production de venin pour immunothérapie
24:30 Efficacité de la désensibilisation
25:30 Médicaments antihypertenseurs et sécurité
26:15 Prescrire l’adrénaline après désensibilisation
27:30 Résumé final et conseils pratiques
Résumé
Les allergies aux hyménoptères (abeilles, guêpes, frelons) représentent un enjeu de santé publique non négligeable, avec environ 20 000 incidents annuels en Suisse. Si la majorité des piqûres sont bénignes, 3 % de la population adulte peut développer une réaction allergique, dont certaines sont potentiellement anaphylactiques. Les réactions sont classées selon la classification de Müller en quatre stades, allant de la simple urticaire jusqu’au choc cardio-respiratoire.
La sensibilisation est fréquente (jusqu’à 20 %), mais seules certaines personnes développent des symptômes cliniques. Une réaction locale large, bien que bénigne, augmente le risque ultérieur de réaction systémique (jusqu’à 15 %). Parmi les facteurs de risque d’anaphylaxie sévère figurent les comorbidités cardiovasculaires, les traitements antihypertenseurs, l’âge avancé, ou encore une mastocytose systémique. Les facteurs situationnels (effort physique, alcool, stress, infection virale) majorent également la gravité de la réaction.
Le diagnostic repose sur les tests cutanés, la recherche d’IgE spécifiques, et, en cas d’ambiguïté, sur un test d’activation des basophiles (BAT), très sensible. Une triptase basale élevée oriente vers une mastocytose, ou une alpha-triptasémie héréditaire, toutes deux associées à un risque accru de réactions sévères.
La désensibilisation (immunothérapie spécifique aux venins) est actuellement le seul traitement curatif, efficace à plus de 90 %, surtout si elle est poursuivie au-delà de 5 ans. Elle consiste à administrer progressivement des doses croissantes de venin purifié. Les patients ayant des expositions fréquentes ou des professions à risque (apiculteurs, travailleurs extérieurs) sont des candidats prioritaires. Enfin, la prescription d’un auto-injecteur d’adrénaline reste recommandée même après immunothérapie, en raison d’un risque de récidive jusqu’à 20 % à long terme.